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APPEL DE SANTE EGALITE

Par Zeebrugge :: 04/03/2007 à 12:59 :: Général

Invitation a la conference du samedi 17 mars à 15h30 HOPITAL SAINT-LOUIS PARIS

(Espace éthique)

 

.                           sante egalite                          .

Association de médecins et professionnels de santé

 

Le traitement de la maladie suppose l’égalité. Soigner est impossible si les malades sont choisis et si une distinction opérée entre eux repose sur d’autres considérations que celles liées à la maladie.

Celle-ci frappe inégalement les populations. De plus, l’inégalité est une composante de la maladie elle-même puisqu’une pathologie donnée peut affecter différemment chaque sujet. Le statut épistémologique de la médecine ne méconnaît pas cette injustice et s’efforce d’appliquer quelques principes pour en atténuer l’étendue.

La médecine trouve, dans la volonté de rétablir une certaine égalité face à la maladie, une vérité à vocation réparatrice.

 

Mais d’autres impératifs, élevés au rang de normes par l’Etat et les institutions qui lui sont attachées, tendent à imposer un certain nombre de vérités contraires :

 

1 la médecine, placée dans le champ de l’économie, est une production.

 

2 le soin, lui-même sous la règle de la production marchande, est appelé « production de soins ». Il est inscrit dans un ensemble nommé « système de santé », sous-ensemble d’un agrégat plus vaste : « l’économie de la santé ».

 

3 la clinique et ses exigences se voient supplémentées de règles étrangères qui vont puiser leur rationalité dans une convergence avec les institutions : la gestion économique et administrative des services pour l’hôpital public, la pertinence économique de certaines prescriptions dans la médecine de ville.

 

4 une « éthique » chargée d’agrémenter le tout en imposant une pensée normative et juridique substitutive à la déontologie médicale d’essence hippocratique, autorise des croisements avec des domaines et des considérations qui lui sont hétérogènes (justice, police, religion, économie, budget…).

 

Ces principes ou méthodes servent une production, elle bien tangible, d’inégalités dans le traitement de la maladie.

 

L’hôpital public appauvri, soumis à la règle absurde d’une rentabilité illusoire, ne peut plus remplir sa mission traditionnelle d’accueil de tous les malades. Les réorganisations internes successives dans une perspective strictement économique entraînent un alourdissement considérable des tâches administratives de gestion ou de contrôle au détriment du temps consacré à la prise en charge des malades.

Certaines missions sont très mal assurées : la gériatrie, par exemple, est plus qu’insuffisante. Les vieux sont traités de manière indigne. Les infrastructures hospitalières de qualité comme les hommes manquent. L’épisode de la canicule en 2003 n’est rien d’autre que la résultante de cela. L’Etat comme les conseils généraux, qui ont la responsabilité de l’hébergement, le savent et continuent imperturbablement à mener la même politique.

Les services de médecine sont, à l’instar des urgences, en permanence engorgés. Les discours sur le tri des malades sont non seulement vains mais surtout rompent avec un principe simple : à l’hôpital on accueille tout le monde. En effet, comment trier ? Quels sont les critères à adopter ? Ne prendre que les plus mal en point ? Refuser les patients victimes de souffrances psychiques ou d’affections psychiatriques ? Renvoyer ceux qui n’ont pas vu leur médecin traitant…Qui fait le tri en dehors des urgences elles-mêmes ? Un médecin ? Où le trouver ?

Les populations les moins protégées : les étrangers sans papiers, les personnes sans droits ouverts, les SDF, ont d’énormes difficultés à se faire prendre en charge, quand ils ne sont pas tout simplement rejetés. 

La seule politique qui tienne est de permettre à chacun de voir sa maladie traitée, à l’hôpital, chez un médecin ou dans un dispensaire de quartier. Les dispositifs spéciaux réservés à une population ou une autre, et de plus inégalement répartis sur le territoire, visent en dernier lieu à écarter, marginaliser et absenter du droit commun des gens qui n’ont qu’un souhait : être soigné. Une carte de santé attribuée à chacun, sans distinction nationale, ethnique ou de condition serait une garantie d’égalité.

 

Contre l’argument économique.

 

La santé est un poste de dépenses assimilable à un bien public. Le coût qui en résulte n’est pas redevable d’un simple équilibre entre dépenses et recettes.

La mesure de toute dépense publique, l’éducation nationale en est un autre exemple, est celle du service fait et rendu à tous.

Avoir une population en bonne santé est une politique qui combat la maladie partout où elle se manifeste et non là où le coût en est le plus faible. Une authentique politique de santé publique incluant la prévention n’est pas génératrice de dépenses excessives : des dispensaires ou leur équivalent installés partout et ouverts à tous, notamment là où les populations ne se font pas soigner, serait un premier pas tout à fait « économique ». A l’inverse, la politique constante de l’Etat est de fermer ou d’étrangler financièrement les derniers encore en activité.

Le système de santé, tel que nous le connaissons : de plus en plus inégal et défectueux génère incontestablement des dépenses proprement injustifiées. L’hospitalisation privée, par exemple, fonctionne au régime de la rentabilité avouée et inclut une marge bénéficiaire substantielle dont le coût est réglé par le malade mais aussi et surtout par l’assurance maladie. Les deniers publics ne doivent aucunement servir à abonder les budgets de ces institutions à but uniquement lucratif.

Autre exemple : l’Etat forme les professionnels (médecins, paramédicaux)  sans que la question de leur répartition sur le territoire ne soit jamais autrement réglée que par le souhait des individus. Rien d’étonnant à ce que la rentabilité guide certains puisque celle-ci devient la norme de la distribution budgétaire et commande désormais en tout. La démographie médicale en berne fait le reste : les coûts des personnels médicaux s’envolent, les hôpitaux publics peinent à les payer puisque leurs dotations sont maigres et les patients subissent directement l’effet de dépenses indues liées à une politique d’Etat. L'installation des médecins (donc, d'un même pas, la prise en charge des malades) doit être envisagée selon un principe d'égale répartition territoriale. Les deniers publics, ceux de la sécurité sociale, sont prélevés  afin de servir les politiques publiques.

Le devoir de l’Etat est avant tout de supporter la charge qu’exige la lutte contre les maladies dans tout le pays.

Le nôtre est de veiller à ce qu’il le remplisse.

 

L’argument économique est donc fallacieux. Il abrite des choix en matière de santé qui éloignent l’exercice de la médecine de l’égalité due à tous les malades et vise à asseoir une normalisation préoccupante. La relation à l’économie, sous des dehors techniques, fait entrer dans l’ordre déontologique et juridique un modèle médical que nous refusons. 

Est membre de l’association Santé Egalité tout professionnel ou toute personne intéressée par le respect du principe d’égalité et son déploiement dans le champ de la santé.  

Nous appelons tous ceux qui pensent devoir intervenir dans cette   situation à participer à la 1èreconférence que nous organisons

Le 17 mars à 15h 30 à l’HOPITAL SAINT-LOUIS

Espace Ethique

1, Av Claude Vellefaux

(Paris 10°)

Entrée principale, passer devant la loge. Entrée piétons rue Bichat porte 9 premier étage

Métros : Goncourt (ligne 11) ; Colonel Fabien (ligne 2) ; Château Landon (ligne 7) ; Jacques Bonsergent (ligne 5) ; République (lignes 3,5,8,9,11).

Nos textes et propositions seront également à lire et à commenter sur notre blog, à l'adresse suivante : http://santeegalite.zeblog.com/

 

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